DOSSIER

Le cercle vertueux de l’économie circulaire

Qu’entend-on par économie circulaire ?

L’économie circulaire consiste à produire des biens et des services de manière durable en limitant la consommation et le gaspillage des ressources et la production des déchets. Il s’agit de passer d’une société du tout jetable à un modèle économique plus circulaire.

L’ADEME définit l’économie circulaire comme “un système économique d’échange et de production qui, à tous les stades du cycle de vie des produits, vise à augmenter l’efficacité de l’utilisation des ressources et à diminuer l’impact sur l’environnement tout en développant le bien être des individus*.​ ”Autrement dit, l’économie circulaire consiste à produire des biens de façon durable, en veillant à préserver les ressources et la consommation de matières premières, valoriser les déchets, favoriser le ré-emploi ou le recyclage en fin de vie. D’où cette idée de boucle vertueuse, qui crée de la valeur pour l’industriel et le consommateur, engagés dans une démarche de développement durable.

*Source et définition ADEME

Un modèle économique d’avenir?

Le 14 juillet 2021, la Commission européenne a présenté sa nouvelle feuille de route environnementale, au travers de son Green Deal (Pacte Vert) et « Paquet Climat ». Avec une ambition affirmée : réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 55 % (vs 1990) à l’horizon 2030 et faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre en 2050. Dans sa quête Zéro carbone, l’UE en appelle également à transformer nos économies linéaires (produire-consommer-jeter) en économie circulaire, plus vertueuse et durable. Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme…

Pourquoi ce n’est plus une option ?

Réchauffement climatique, raréfaction des ressources, gaspillage énergétique, accumulation de déchets… Nous faisons face aujourd’hui à de nombreux défis à la fois environnementaux, sociaux et économiques. Plus que jamais, il est indispensable de changer notre manière de concevoir, produire et consommer. Sans ce sursaut, la planète risque de suffoquer. Nous vivons aujourd’hui à crédit, et il faudrait presque 3 Terre, pour subvenir aux besoins de l’humanité, si tout le monde adopte le mode de vie des Français (source wwf.fr). De quoi faire réfléchir.
Partout, notre planète bleue est « dans le rouge ». La Banque mondiale alerte aussi sur notre production de déchets, qui pourrait augmenter de 70 % dans le monde d’ici 2050, selon ses prévisions. Soit 3, 4 milliards de tonnes, contre 2 milliards en 2016. Si les pays industrialisés ont pris le chemin du recyclage (1/3 des déchets sont désormais recyclés), les pays émergents peinent encore à mettre en place cette pratique, avec 4 % de déchets recyclés. La Banque mondiale en appelle à une prise de conscience internationale, tant sur la revalorisation des déchets que sur la réduction des emballages, le gaspillage alimentaire…

L’économie circulaire est un modèle qui vise à passer d’une société du « tout jetable » à une économie plus résiliente et frugale. L’objectif ? Produire sans détruire et consommer de façon plus durable. Pour les entreprises et les collectivités, s’inscrire dans cette démarche permet de créer de la valeur et de réaliser des économies d’échelle, notamment sur les coûts de fabrication, de logistique ou de maintenance. Elle ouvre aussi la voie à l’innovation et favorise l’émergence de nouvelles filières décarbonées. A la clé, la création d’emplois durables et non délocalisables. Plus généralement, l’économie circulaire s’inspire des principes de l’économie verte, l’éco-conception, l’économie de la fonctionnalité et l’analyse de cycle de vie des produits (ACV).

Que dit la loi ?

La notion d’économie circulaire apparaît pour la première fois dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte d’octobre 2014. Elle englobe notamment la lutte contre le gaspillage, l’éco-conception et le recyclage des produits. Pointée du doigt, l’obsolescence programmée devient un « délit de tromperie » inscrit au Code de la consommation.

Dès 2015, la législation précise les priorités en matière d’utilisation des ressources en préconisant le recyclage et les ressources renouvelables.

En 2016, de nouvelles dispositions prévoient une transition d’envergure nationale qui s’appuie sur les principes de l’économie circulaire.

Publiée le 23 avril 2018, la feuille de route de l’économie circulaire (FREC) propose une série de mesures concrètes pour construire demain dès aujourd’hui. 

Voici certaines mesures proposées par la FREC :

50 % de réduction du volume des déchets mis en décharge en 2025 (vs 2010)
100 % de plastiques recyclés en 2025
8 Mt de CO₂ évités chaque année grâce au recyclage du plastique
300 000 emplois supplémentaires créés grâce à l’innovation et aux nouvelles filières

Trackdéchets, obligatoire depuis le 1er janvier 2022

Développée par le ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, la plateforme Trackdéchets vise à simplifier la traçabilité des déchets dangereux, afin de sécuriser les filières. Cet outil numérique gratuit s’adresse à tous les acteurs concernés par les déchets dangereux, incluant les producteurs, transporteurs et professionnels du déchet. Le décret N° 2021-321 du 25 mars 2021 rend l’usage de cette plateforme obligatoire depuis le 1er janvier.

L’économie circulaire au service… - 1/3

#De l’industrie

  • more-gradient ​​​​​​​Préserver les ressources et la consommation de matières premières : eau, énergie, etc.
  • more-gradient Limiter le gaspillage avec la fin de l’obsolescence programmée, la valorisation du ré-emploi ou du recyclage
  • more-gradient Limiter son empreinte carbone par le recours aux énergies renouvelables
  • more-gradient Sécuriser et diversifier sa chaîne d’approvisionnement et réaliser des économies d’échelle
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#Du tertiaire

  • more-gradient Rationnaliser les dépenses et gagner en efficacité énergétique
  • more-gradient Développer de nouveaux secteurs d’activité, avec à la clé des créations d’emplois
  • more-gradient Développer la maintenance préventive et digitale pour anticiper les éventuels dysfonctionnements
  • more-gradient Favoriser le «Réparer» plutôt que le «Remplacer»
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#Des collectivités

  • more-gradient Soutenir l’attractivité et le dynamisme du territoire par la promotion de nouvelles activités et filières non délocalisables
  • more-gradient Renforcer la résilience des territoires, en optimisant l’utilisation de l’énergie et des matières premières au profit de l’économie locale
  • more-gradient Créer des emplois locaux tout en favorisant la réinsertion

Quels sont les champs d’application de l’économie circulaire chez ENGIE Solutions ?

Le réchauffement climatique et la transition énergétique demandent aux entreprises de changer de paradigme et d’adopter de nouvelles postures, plus vertueuses. Alors que l’économie linéaire produit de la richesse sans se préoccuper des ressources, l’économie circulaire vise à une gestion raisonnée des matières premières et de l’énergie. Elle favorise également la valorisation des déchets.

Porté par cet élan, ENGIE Solutions explore de nouvelles pistes, plus résilientes dans leur conception, plus frugales en énergie et plus durables dans leurs usages. Sur chacun de ses projets, ENGIE Solutions veille à valoriser les ressources locales (transformation de déchets verts, récupération de la chaleur fatale, méthanisation…), ce qui participe à l’économie circulaire et au développement économique des territoires. Conscient de la raréfaction des matières premières, le groupe s’est engagé depuis longtemps sur la voie des énergies renouvelables pour décarboner l’industrie. Enfin, ENGIE Solutions mène des actions de sensibilisation en interne pour faire évoluer les comportements et changer les habitudes. C’est le cas notamment avec le projet pilote « Vêtements de travail usagés, et si on recyclait ? », en partenariat avec Molinel.

3 questions à Marie-Laurence Cabrol

Directrice RSE ENGIE Solutions

Quels sont les enjeux de l’économie circulaire pour ENGIE Solutions ?

Nous vivons aujourd’hui dans un monde en sursis, et il est essentiel que les industriels, les fournisseurs d’énergie, les entreprises, les collectivités locales mènent ensemble la transition écologique. Cette coopération est primordiale, et ENGIE Solutions a un devoir d’exemplarité vis-à-vis de ses clients et de toutes les parties prenantes. Mener cette transition passe nécessairement par des transformations ambitieuses de nos métiers et de nos process mais aussi par une prise de conscience plus globale, à l’échelle de chaque Business Unit ; l’économie circulaire doit devenir la norme, et chacun à son niveau, peut la mettre en œuvre au quotidien, pour passer collectivement à une société plus durable, fondée sur les 3R : Réduire, Réutiliser, Recycler. Cela va bien évidemment bouleverser nos pratiques. Mais c’est pour le meilleur.
 

Justement, comment l’économie circulaire se traduit-elle au sein d’ENGIE Solutions ?

Nos champs d’action sont multiples, tant au niveau des chantiers que du siège et des Business Units. Décarboner nos pratiques demeure l’un de nos principaux défis, et nos clients nous challengent régulièrement sur les énergies renouvelables ou la récupération de la chaleur fatale. Sur ces points, ENGIE Solutions dispose d’une longueur d’avance, car nous avons développé depuis longtemps une vision frugale de la consommation énergétique par le recours systématique aux énergies renouvelables dans nos projets. Cela étant, nous pouvons toujours nous améliorer et aller encore plus loin. Aujourd’hui, nous opérons 250 chaufferies biomasse sur tout le territoire, et recyclons 72 % des cendres (découvrez notre démarche).
 

D’autres pistes à l’étude pour favoriser l’économie circulaire ?

L’autre grand enjeu concerne la maintenance multi-technique des équipements. Jusqu’à présent, nous remplacions le matériel défectueux, dans une logique très « linéaire ». Or, réparer s’avère bien plus éco-responsable. ENGIE Solutions entend s’inscrire dans cette démarche vertueuse, impulsée par le gouvernement. L’indice de réparabilité, mis en place depuis le début de l’année, ne concerne que quelques appareils*. Mais demain ? Nous devons anticiper et accompagner le changement, en proposant dès à présent « une réparabilité » de nos installations dès que cela est possible. Pour les équipes, c’est un vrai changement de paradigme : on ne remplace plus, on répare autant que de besoin. Les métiers vont donc changer, se spécialiser vers un savoir-faire encore plus technique : Est-ce réparable ? Réutilisable ? Recyclable ?
La maintenance préventive digitale devrait également se développer dans les années à venir, afin d’anticiper les pannes et les dysfonctionnements.


*Ordinateur portable, smartphone, télévision, lave-linge, tondeuse à gazon électrique.
 

L’économie circulaire en action chez ENGIE Solutions

- Réduire le recours aux énergies fossiles
- Privilégier les énergies renouvelables
- Développer la récupération d’énergie et de chaleur fatale
- Identifier de nouvelles filières de recyclage
- Favoriser la réutilisation des pièces détachées, dans le prolongement de la politique gouvernementale des 3R « je réemploie, je réutilise, je recycle »
- Favoriser le recyclage des vêtements de travail et le recyclage des masques

Quelques actions menées par ENGIE Solutions

Vêtements de travail usagés, et si on recyclait ?

Chaque année, des milliers de vêtements de travail (VDT) usagés sont remisés au placard ou jetés, alors qu’ils pourraient être recyclés. Fort de ce constat, ENGIE Solutions, en partenariat avec l'un de ses fournisseurs Molinel, a lancé un projet de récupération et valorisation des VDT. Objectif : recycler ou revaloriser autant que possible les vêtements de travail usagés. Six agences ont participé à ce projet pilote, sur la base du volontariat. Au total, ce sont 172 kilos de vêtements qui ont été recyclés et revalorisés lors de ce projet. Les vêtements valorisables (les gilets de sécurité fluo et les vestes de pluie) ont servi de combustible solide de récupération. Tous les autres vêtements ont été transformés en isolants thermique et acoustique. Une initiative vertueuse, qui s’inscrit parfaitement dans la politique d’économie circulaire portée par le groupe.

Circulaire et connecté !

42 000 : c’est le nombre d’objets connectés déployés par la Direction du Digital Opérationnel d’ENGIE Solutions auprès de ses clients.

Très utiles, ces dispositifs intelligents permettent - par exemple - de piloter une chaufferie en captant plusieurs données essentielles : température extérieure, activités des différents composants, etc. Le souci ? A la fin du contrat, l’objet connecté restait sur l’équipement…

Mis en place en 2019, le dispositif « Predity Store » vise à reconfigurer d’anciens objets IoT afin de les installer sur de nouveaux équipements. « Cette rotation d’objets connectés, contrat par contrat, permet une économie de ressources, détaille Yann MARVIN, directeur du Digital Opérationnel d’ENGIE Solutions. Par ailleurs, nous veillons à limiter la fréquence de remontées de données, en ciblant les datas les plus pertinentes, selon les besoins de nos clients. »

Grâce à ce pilotage frugal de la data, la pile des objets connectés dure 5 ans, au lieu de 4 ans précédemment. Un atout non négligeable, quand on sait que les piles pèsent lourd dans le bilan carbone d’une entreprise…

1/3 - Les dispositifs mis en œuvre chez nos clients

Un réseau de chaleur vertueux pour Massy-Antony

Depuis début 2021, le quartier du Vilgénis de Massy-Antony est raccordé au réseau de chaleur mis en oeuvre par Enoris, filiale d’ENGIE Solutions.

Ce réseau est alimenté à hauteur de 72 % d'ENR issue principalement de la valorisation des déchets ménagers et du bois de récupération provenant des déchets d'ameublement et de chantier.  

 

2/3 - Les dispositifs mis en œuvre chez nos clients

Le Grand Reims mise sur la biomasse

Investie dans une politique bas carbone, la communauté urbaine du Grand Reims, en partenariat avec ENGIE Solutions, a décidé d’intégrer le bois de récupération dans le mix énergétique de son réseau de chaleur.

Objectif : atteindre 90 % d’énergie renouvelable dès 2022.

3/3 - Les dispositifs mis en œuvre chez nos clients

Yoplait : Quand le yaourt «sert» de chauffage urbain

Yoplait s’engagent dans l’économie circulaire, avec la mise en œuvre d’un système de récupération de la chaleur fatale, dans l’agglomération de Vienne (38). Grâce à ce procédé, le site de production isérois « chauffe » désormais 800 logements sociaux ainsi que l’école Claude Bernard à proximité.

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