Mobilité durable : trois carburants alternatifs complémentaires pour passer à la vitesse supérieure

borne electrique engie solutions

Décryptage d’Albert Perez, Directeur Activités Nationales & Sud ENGIE Solutions

Premier émetteur de gaz à effet de serre (GES) en France, le secteur des transports est responsable de 38 % des émissions de CO2. Objectif phare du plan de relance gouvernemental, la transformation vertueuse de nos modes de transport implique de déployer massivement les carburants alternatifs – électricité, GNV et hydrogène vert – substituts viables et durables aux carburants conventionnels. Premier acteur de mobilité durable en France, ENGIE Solutions a développé un savoir-faire dans la mise en place de solutions de mobilité plus propres et adaptées aux besoins de chaque collectivité. Pour relever le défi de la transition énergétique, une utilisation optimisée des trois carburants alternatifs selon leurs usages respectifs, est essentielle.

Quelles sont les caractéristiques des carburants alternatifs ?

Disponibles et souvent exploitables à l’échelle locale, ce qui favorise l’indépendance énergétique de leurs utilisateurs, le GNV, l’électricité et l’hydrogène vert présentent des caractéristiques propres qui traduisent leur complémentarité.  

En plein développement, l’électricité présente de nombreux avantages pour les particuliers et les véhicules utilitaires légers. Silencieux, le moteur n’émet pas de CO2 en roulant ni de polluants et particules qui nuisent à la qualité de l’air. Dotées d’une énergie au prix très compétitif, la durée de recharge et l’autonomie des batteries des véhicules s’améliorent sans cesse grâce à l’innovation technologique, la R&D et le développement d’un maillage territorial des bornes de recharge.

Le GNV répond particulièrement aux contraintes de la mobilité lourde et intensive : bennes à ordures, bus ou encore camions. Décliné sous deux formes, le GNL (Gaz Naturel Liquéfié) et le GNC (Gaz Naturel Comprimé), le GNV offre à ses usagers une autonomie de 500 km à 1 500 km et une durée de chargement égale aux pleins classiques. Il garantit aussi 20 % de réduction de CO2 par rapport au diesel (80% dans sa version Bio), des émissions de particules fines quasiment nulles* et une diminution de 50 % des nuisances sonores.

Enfin, élément chimique le plus abondant sur terre et doté du pouvoir calorifique le plus élevé de tous les combustibles existants, l’hydrogène (sous sa forme moléculaire H2) est une solution d’avenir. Elle est adaptée à tous types d’usage : mobilité lourde et intensive, transports en commun en agglomération mais également véhicules légers. Exploitable sous forme de carburant vert grâce à l’électrolyse de l’eau utilisant un courant électrique de source renouvelable, l’hydrogène équivaut à un carburant fossile sur le plan de l’autonomie et du temps de rechargement, soit 5 minutes pour 500 km d’autonomie. Stockable, transportable et renouvelable, ce carburant alternatif n’émet aucun résidu toxique ni polluant.

A quel stade de maturité sont les marchés de ces carburants aujourd’hui en France ?

La première voiture électrique date de 1834 et l’hydrogène a été utilisé comme carburant dans les dirigeables dès le début du XXème siècle. Mais elles étaient alors bien trop coûteuses !

Le GNV a été le premier à prendre son essor en France, au début des années 2000. Selon l’association française du gaz naturel véhicules (AFGNV), 23 000 véhicules roulent au GNV aujourd’hui en France, dont 12 % des bus urbains et 2,5 % des poids-lourds vendus. Commercialisé il y a environ 10 ans, le BioGNV présentait déjà en 2019 un taux d’incorporation de 16,5 % du GNV distribué en France. Marché très dynamique et devenu autoportant il y a 5 ans, le développement massif de ses stations est assuré par de nombreux acteurs privés. A travers son offre de mobilité durable gaz GNVERT, ENGIE Solutions exploite notamment une cinquantaine de stations publiques distribuant du BioGNV en France.

Plus récent, le marché de la mobilité électrique connaît une croissance exponentielle, avec dix fois plus de nouvelles immatriculations de véhicules électriques entre 2010 et 2019, passant de 1 000 à 70 000. Aujourd’hui, la France compte environ 30 000 infrastructures de recharge et 345 000 véhicules électrifiés** ! Un nombre qui augmentera avec l’objectif gouvernemental de passer à 100 000 bornes de recharge d’ici fin 2021, objectif auquel ENGIE s’est naturellement associé. L’hydrogène, carburant prometteur mais exploité récemment pour la mobilité routière, en est à ses débuts. Pour autant, le nombre de stations que nous déployons sur le territoire va croissant. Il est fortement encouragé par le plan gouvernemental.   

Comment favoriser l’essor de ces filières et leur déploiement ?

Bien sûr, étant donné le coût de toute nouvelle technologie, le rôle des pouvoirs publics est dans un premier temps primordial pour soutenir l’investissement, la mise en place des premières infrastructures et stations de recharge et l’achat des premiers modèles de véhicules. Mais l’exemplarité de projets favorisant une mobilité plus vertueuse est à ce prix ! Ensuite, au tour des acteurs privés d’assurer le changement d’échelle et l’industrialisation de la technologie.

En réalité, le déploiement de ces carburants alternatifs ne peut révéler son plein potentiel qu’à travers la mobilisation de tout un écosystème d’acteurs publics, privés, mais aussi économiques implantés sur le territoire. C’est notamment en fédérant les institutions publiques, les collectivités mais aussi les entreprises locales, en tenant compte des besoins et du maillage industriel propre à chaque territoire, qu’ENGIE Solutions a pu récemment prendre part au déploiement de stations hydrogène à Toulouse (Hyport), en Bretagne (HyGO), en Auvergne Rhône Alpes, à Toulon et au sein de la ville de Pau, où les Fébus roulant 100 % à l’hydrogène vert ont été mis en service en 2019. Des projets prometteurs !

 

* -95 % en regard de la norme Euro VI

** Chiffres de l’Avere, mai et juin 2020